Par Jean-Michel Lambert, avril 2012

Un ami me parlait récemment du Sud-Liban. Il évoque pour moi un souvenir inoubliable.

C’était en août 2006, quelques jours seulement après la fin des hostilités, et j’étais allé avec des amis beyrouthins dans le sud ou ils possèdent une maison au sommet d’une colline à quelques kilomètres de Bint Jbeil.

Je ne crois plus depuis longtemps en Dieu et je dois avouer que ce que j’ai vu là-bas n’a réussi qu’à renforcer mon triste état de mécréant.

Bien sûr, je savais par avance ce que j’allais y trouver, après avoir passé le mois précédent à Bordeaux, mon billet pour Beyrouth fin juillet rendu inutile, suspendu aux nouvelles, angoissé pour mes amis dans ce pays et plus particulièrement pour des personnes qui m’y sont très chères...

Bien sûr, j’avais vu les images et les photos...

Bien sûr, j’avais entendu les récits...

Bien sûr, je savais tout cela...

Je le savais Oui...!

Mais y être confronté est toute autre chose...

Malheur, dévastation... vous savez, amis libanais, tout cela mieux que moi !

Mais le pire fut d’y découvrir au détour de ce qui fut une rue, une poupée, seule, au fond du cratère creusé par une bombe au milieu de ce qui fut un foyer que j’imaginais heureux.

Que de choses insupportables à l’imagination étaient contenues dans cette seule image...!Assurément, Dieu avait délaissé cette partie du monde.

Mais, pour autant, croire ou ne pas croire ne signifie nullement que Dieu n’existe pas.

Croire ou ne pas croire, c’est douter et cela est salutaire, car il n’est rien de pire que les certitudes, qui poussent les hommes à s'affronter.

Le soir et après avoir, à la lueur des groupes électrogènes, partagé un merveilleux repas, où moi l’occidental, suspecté et chargé à priori de toutes les responsabilités dans les malheurs de cette terre, avait été si généreusement accueilli par toute leur famille, malgré ce contexte si particulier de deuils et de désolation, nous sommes remontés vers leur maison pour y finir la soirée.

Là, mon ami a sorti une bouteille d’un vieux whisky, (ce qu’il ne pouvait décemment faire dans sa famille) et dehors, dans le jardin, au sommet de cette colline, sous les étoiles innombrables, rendues encore plus brillantes en raison de l’obscurité forcée qui accablait cette région, nous avons discuté toute la nuit.

Des religions...

De l’histoire...

Du fossé séparant nos deux mondes...

De l’absurdité de l’âme humaine ayant conduit à celui-ci...

De la guerre et de la paix, de la vengeance et du pardon, de la haine et de l’amour...

De l’homme en définitive...!

Et là, dans ce sud meurtri, que la nuit avait recouvert de son voile apaisant, comme pour soulager les hommes de la désolation qui les frappait, à portée de voix de la Palestine, dans cet Orient à l’origine des religions du Livre, dans la douceur et la douleur de cet instant, où nos paroles s’entrechoquaient et s’entremêlaient avant de s’envoler vers les cieux, nous étions là, tous les deux, l’oriental et l’occidental, à tutoyer les étoiles et je crois bien, qu’en cet instant, nous aurions été à même de signer toutes les paix ! Ce fut une nuit magique ! A jamais gravée dans ma mémoire. Une de celles qui permet de ne jamais désespérer !Même au plus profond des ténèbres, il subsiste une petite lueur !

 

Peut-être c'est aussi cela la 3V pour moi !

 

Jean-Michel Lambert                                       

 

 

 

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